par Jean-Noël Cuénod
Prologue
Empêtré dans les nuages un soleil se tord les tripes pour en extirper l’ambiguïté, même à son détriment, même à poils, même sans plumes.
Trop mous
ses rayons
fondus
morfondus
confondus
Mélasse
lasse
carcasse
casse
Ni jour
ni nuit
les oiseaux
même eux
ravalent
avalent
dévalent
le champ
de leur chant
Il fait un silence
de couleuvre
qui œuvre
sous la verveine
veine
jugulaire
jugulée
Les nuages
s’étirent
se tirent
se terrent
Un soleil
s’est fait
une oraison
raison
horizon
le vent
l’a dispersé
percé
versé
Un soleil
plus vieux
pluvieux
Moralité
Ne jamais sortir de l’ambiguïté sans son parapluie.