par Catherine Belkhodja
Elle avait gravé sur le sable des mots
puis lentement les vagues avaient tout effacé
ne restait qu’une bague à son doigt accroché
étrangement brillante malgré tout ce chaos
flux et reflux des vagues
le tourbillon des âmes souvenirs impalpables
noyés parmi les algues
Se peut-il qu’un jour
-après tout ce parcours-
voit ressurgir autour
de tous ces beaux visages -déclinés page à page-
autre chose qu’un mirage?
nostalgie d’un ailleurs
plus ou moins improbable
où explosent les fleurs
d’un lien impérissable
Le réel c’est marcher
-plus ou moins à l’aveugle-
et sans rien rechercher
jongler parmi les bugs
et ce – jusqu’à la nuit-
mais la nuit sans étoile -celle que la lumière fuit- la dernière sur la toile

« Apocalypse », 2024
& « Totem », 1976
collection privée Jowan Le Besco
(peinture du haut)
©Catherine Belkhodja